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Marie, ma Mère

Publié le par michel chiron

          J' étais viscéralement attaché à cette prière avec Marie. Absolument toutes mes journées commençaient et étaient ponctuées dans les moment disponibles, par cette prière d'intercession, le chapelet. Je ne m' en lassais pas. Je ne me servais plus de l' autoradio, ma voiture était devenue une chapelle ambulante. Je faisais l' expérience intime d' un bien-être que me prodiguaient ces moments de relation avec le Ciel. J' en déduisais que prier devait être très utile.. ...et d' autre part les "démons" s' apaisaient. Je recevais une énergie étonnante et une paix oh combien bienvenue, après tout ce que  j' avais pu endurer. Je voyais des situations s' éclaircir et ce qui apparaissait compliqué devenir simple. En fait,  je faisais l'expérience de la Grâce de Dieu et de la Providence et je comprenais que les Anges agissaient en se mettant au service des hommes......de moi-même et de ceux pour lesquels je priais.

           C' était particulièrement flagrant dans mon travail où j' étais chargé d' aider à l' insertion sociale et professionnelle de jeunes adultes déficients. Je voyais se réaliser une succession de petits miracles, des ouvertures inattendues. Et dans les situations qui restaient bloquées, je gardais une confiance absolue en l' avenir sans ressentir aucun découragement. Je constatais avec émotion l' Amour de Dieu pour les plus faibles, les plus démunis, ceux qui ne réussissent pas. J' étais littéralement porté par une force intérieure qui me donnait un tonus et un sentiment de liberté inconnus jusqu' alors.

           À cette époque, je travaillais certains week-ends, et bien je ne me reconnaissais pas, j' avais du  bonheur à travailler les week-ends ! Cela ne m' était jamais arrivé en plus de vingt années d' activité professionnelle ! J' aurais même  pu  venir toutes les semaines, je me sentais léger et très disponible ! C' était totalement  irrationnel, mais  que c' était bon !  D' autant plus  que j' étais rempli d' une joie inexplicable et cela ne pouvait être que communicatif pour le ou la collègue avec qui je travaillais et surtout pour les jeunes que nous étions chargés d' encadrer et qui souffraient de ne pas pouvoir rentrer dans leurs familles.

          Et puis il y avait eu ce fameux matin du 16 septembre 1994. J' étais dans ma salle de bains, en robe de chambre  en train de me raser, me préparant à partir travailler. Comme chaque jour, je priais le chapelet - je pouvais le faire en me lavant. Quand tout à coup, je fus envahi par une image en relief qui m' a rempli totalement. J' ai eu           l' impression que la foudre s' abattait sur moi, mais sans la douleur. Aucune pensée n' était possible, l' image intérieure s'imposait  ! Une femme très belle au teint très mat, habillée de voiles aux multiples couleurs vives et lumineuses, ses yeux étaient magnifiques. Cette vision a duré quelques secondes et s'est effacée, remplacée en fondu enchainé par une autre image que j' ai reconnu immédiatement, c'était ma mère, vêtue de blanc immaculé, toute jeune et toute souriante. Au bout de quelques secondes, tout s' est effacé. Et je me vois encore, la mousse à raser sur le visage, le rasoir à la main, incapable de bouger, interloqué par ce que je venais de vivre.

          Ma mère était décédée d'un cancer en 1982, à l' âge de 69 ans. Tout de suite après cette vision intérieure si exceptionnelle, j'ai fondu en larmes "de bonheur". Elle m' était apparue bien vivante et magnifique. C' était évident je savais qu' elle était au Paradis. Elle avait du faire beaucoup pour moi et sans aucun doute pour mon père, après son décès.

          Quant à la première femme, qui pouvait-elle être ? Mais c'était pourtant simple ! La surprise passée, j' ai vite compris que ce ne pouvait être que la Vierge Marie. Elle était si belle !  Et je la priais tellement depuis ma conversion ! Mais quel honneur, moi le grand pécheur repenti qui venait du bas fond, recevoir la visite de la Vierge Marie et celle de ma mère décédée ! Que signifiait cette double visite ? Je n' avais reçu aucune parole, aucune explication. Et c' était  tellement inattendu et étrange.

          Je me sentais incapable d' en parler autour de moi, même aux prêtres de la paroisse qui commençaient à me connaître car en complément de ma vie de prière, j' allais bien entendu à la messe tous les jours, ce qui était pour moi tout à fait naturel. Je devais rester prudent. Il fallait que j' évite un rejet, car je ressentais bien que dans cette Église que je retrouvais après tant d' années, et en tous cas dans la paroisse qui m' accueillait, tout ce qui pouvait avoir une connotation mystique était mal vu et vite interprété comme un délire ! Pauvre Église !

          Je gardais donc alors cette visite secrète. Je pus quand même partager mon expérience un peu plus tard, avec quelques personnes plus ouvertes, et qui je le savais, sauraient se taire. Et j' ai prié alors quotidiennement pour que le Seigneur me donne un prêtre accompagnateur spirituel. Mais surtout, je ne voulais pas le choisir, il fallait que cela vienne incontestablement du Seigneur. L' attente fut longue, car ma prière ne fut exaucée  qu'au bout de deux années. Mais cela m' a permis d' expérimenter avec force  la réponse de Dieu à la prière de Paul qui lui demandait de le libérer de l' ange de Satan qui pouvait le tourmenter intérieurement : "Ma Grâce te suffit". ( cf. dans le nouveau testament 2 Co 12, 7-9 ) En effet, j'étais seul et mon unique vrai soutien, mais quel soutien !, c'était la Grâce, et elle ne me manqua jamais.

          J' ai donc du interpréter dans la solitude, ces visitations spectaculaires et muettes de la Vierge et de ma maman, huit mois et demi après ma conversion. Je comprenais que la Vierge voulait me dire qu' elle était mainternant ma Mère, que je pouvais totalement m' appuyer sur elle et qu' ainsi je n' avais rien à craindre.. Elle me confortais dans mon chemin de prière et de foi. Quel encouragement pour la suite !

          Car ce fut effectivement très long. Et je comprends aujourd' hui sa venue, comme lorsqu' on dit qu' elle visite les âmes au purgatoire pour les soutenir durant leur temps de purification. À cette période, les "démons" étaient encore bien "vivaces". Ils essayaient toujours d' interférer dans ma vie quotidienne, en tentant par exemple d' imiter un ange qui me parlerait. Ils jouaient au chat et à la souris, même si j' arrivais toujours à les démasquer ; que c' était pénible ! Mais cette visite les a bien éprouvés. Ils ne s' en sont jamais vraiment remis.

          J' étais extrêmement heureux d' avoir vu ma mère et de la savoir dans la Lumière. Je comprenais encore plus intensément l' importance de la prière pour les défunts. Et je pensais à mon père, décédé en 1986, qu' en était-il pour lui ?  Je me disais que ma mère avait du également s' en occuper. Je continuais à prier pour ceux qui étaient partis comme je le faisais auparavant, et un signe que je ne demandais pas, me fût donné à peu près neuf mois plus tard. Un matin dans mon lit, alors que je priais la dizaine d' Ave pour mon Père, une grande bouffée de parfum de roses envahie la chambre. Pour moi, c' était clair, il avait rejoint ma mère !
         
          Cette Maman du Ciel, la Vierge Marie, devait déjà veiller sur moi depuis bien longtemps, et certainement encore
plus, depuis le décès de ma mère. Je compris que c' était elle qui avait interdit aux démons l' accès à certaines parties stratégiques de mon cerveau, et qu' elle y avait placé des Anges qui n' attendaient que mon appel pour intervenir et me ramener à la Vie.

          Et  j' ai vu Marie à l' œuvre ! Je finissais mon article précédant en écrivant qu' elle s' était occupée de moi, jour après jour, comme une mère avec son enfant. En effet je me suis senti nettoyé et j' en avais grand besoin, protégé, relevé à chaque fois que je retombais, conduit sur le bon chemin et ce n' était pas évident dans l' état où j' étais, dans le piège où je m' étais fourvoyé. J' avais tout à réapprendre, tout à découvrir. Elle m' accompagnait continuellement, veillant sur moi comme le fait une maman auprès de son enfant malade. J' étais nourri intérieurement et fortifié par des forces spirituelles, comme un enfant est nourri au biberon. Après sept années de vie dans la foi, j' ai pu me dire que je devais avoir atteint l' âge de raison....c' est  dire que je grandissais doucement....mais sûrement.

          Trois mots revenaient régulièrement dans mon esprit : confiance, patience et persévérance. Et la Grâce balisait mon chemin....
                          
                                                                                                                ( à suivre )

         

         
         

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