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La grande détresse puis l'entrée dans la Vie....

Publié le par michel chiron

          Les 31 décembre 1993 a été un jour terriblement noir. J' étais seul, passant tout le temps au lit, ruminant mon désespoir. Je ne voulais plus rien faire. J' avais décidé d' en finir. Je l' ai déjà dit,  je ne suis pas dépressif, mais là,
c' était trop.  C' était le silence radio en moi, les "puissances" se contentant d' écouter mes pensées et se réjouissant sans doute à l' idée que j' échafaudais.  Il n' y avait que ce ramdam,  ce fond sonore auquel je m' étais habitué depuis longtemps, sans savoir ce qu' il  signifiait. J' essayais de dormir pour oublier mon triste sort et cette fin sordide que      j' imaginais.  Je n' ai pas mangé de la journée.

          Le 1er janvier s' annonçait  identique au 31. Et  j' avais décidé de passer à l' acte. C' était le milieu de                
l' après-midi.. Je préparais un grand verre d'eau de javel non diluée afin de l' avaler, sans penser aux douleurs atroces que cela aurait pu produire, et je versais une bonne quantité d' alcool à brûler sur ma cuisinière à gaz, c' était insensé  puisque j' habitais alors en haut d'un petit immeuble, mais j' étais dans un état d' énervement extrême et incapable alors de toute analyse raisonnable.

          Et pourtant au dernier moment, j' ai eu une saine réaction, j' ai pensé à mes deux Fils.. Ce serait terrible pour mes enfants  d' apprendre le suicide de leur père. Et comment leur expliquer ?  Même en laissant un écrit, -et comment écrire cela ?- ils penseraient automatiquement à la folie, or je savais qu' il n' en était rien ! Je pensais également à mes parents, tous deux décédés. Eux aussi devaient être vivants quelque part, avec tous ceux qui étaient partis. Ils  m' ont élevé avec amour, et ce n' est certainement pas pour que je mette fin à mes jours, c' était tout à fait hors de leur vue. Et pourrais-je les rejoindre en mourant ainsi et si oui, mais j' en doutais un peu, comment
m' accueilleraient-ils ?

          Et ce fut immédiatement un Non catégorique au suicide, et dans ma tête la solution de l' arrêt de travail par un médecin et d' une rencontre avec un prêtre s' est imposée comme chose à faire dès le lendemain. Sans réfléchir plus,  je jetais l' eau de javel et nettoyais la cuisinière.
 
          Comprenant ma détermination quant à ma décision qui devenait tout à coup irrévocable, ces "puissances occultes" se remirent à parler. Elles me dirent tout de go : "On t' a menti depuis le début. Dieu existe, mais notre roi, ce n'est pas lui."

          Apprendre tout à coup que Dieu existait m' a fait autant de plaisir que de recevoir un coup de massue sur le crâne. J' étais abassourdi. Depuis neuf mois, j' avais été trompé, mené en bâteau dans un cheminement  terrible, par des forces qui étaient en fait des démons. Et leur fameux roi, c' était le diable !.  Les mots me manquent pour décrire mon état d' esprit du moment. J' étais stupéfait, abattu, prostré !  DIEU EXISTAIT VRAIMENT !  Et c' était la vérité, il ne pouvait pas en être autrement, les preuves m' étaient données dans ce vécu infernal qui était le mien depuis que
j' avais utilisé ce pendule.
   
          Et moi qui avait bâti toute ma vie en ayant nié  son existence. J' avais eu toutes les bonnes raisons, toutes les  constructions intellectuelles dont raffolent nos contemporains, pour le faire. Et  je m' étais piégé moi-même en suivant des idéologies apparemment  brillantes, mais oh combien dans l' erreur.....c'  était du toc !  Je m' apercevais dans la douleur, que le monde par son orgueil était devenu fou et conduisait les hommes dans des chemins de mort. Et moi, comme tant d'autres, j' y étais tombé. En se coupant du Créateur, les hommes devenaient à leur insu, les jouets des puissances des ténèbres qui s'en donnaient à "cœur" joie. Pauvre humanité, pauvres intellectuels, pauvre imbécile que j' avais été  et que j' étais encore ! Se couper d' un Dieu créateur, mais il faut être insensé !  Encore faut-il accepter de le chercher, en écoutant ses témoins, ceux qui l' ont trouvé. Et en fait, il sont myriades dans l' histoire de l'humanité. Mais il est tellement plus facile aujourd' hui, de se laisser berner par les médias, par tous ceux qui incitent le public que nous sommes, à une soit-disante "modernité" où tout peut être remis en cause et réinventer !

          J' étais conscient  que toute ma vie avait été jusqu' alors à l' opposé de ce qu' elle aurait du être.....et j' étais tombé au plus bas !  Cela doit faire le même effet aux personnes qui meurent en ayant toujours rejeté Dieu. Quand elles s' aperçoivent de l' autre côté, qu'elles ont vécu dans l' erreur, les regrets doivent faire très mal. Cela doit être terrible, on voit alors  que l' on a gaché sa vie et celle de sa famille et que l' on est passé à côté de  l' essentiel. C' était mon état d' esprit et je n' étais pas fier.

          Ma pensée première allait à mes deux enfants qui avaient alors 17 et 19 ans, que j' avais  élevé ( comme leur mère ) loin de toute religion et de toute idée de Dieu, à  l' image  de ces couples dits "libérés" et qui ont rompu avec toutes ces pratiques d' un autre âge, "toutes ces croyances surannées qui font d' ailleurs tant de mal, et qui entravent les choix libres de vie". Ces sentiments sont tellement à la mode et encouragés aujourd' hui. Cela fait "moderne"          ( quel mot désuet ! ).  J' étais moi-même divorcé, après un mariage civil. Nos enfants étaient bien entendu, non baptisés et je ne savais même pas si mon ex-épouse était baptisée !

          Quant à moi, pour m' en sortir, cela serait sans ancun doute très difficile. Je me souviens avoir pensé tout haut , à plusieurs reprises : "m....e, il va falloir prier, cela va être l' horreur". J' étais accablé et j' imaginais mal ce changement radical de vie. Il faudrait sans doute que je fasse une croix sur tous mes désirs antérieurs. Comment allais-je faire ?   J' étais comme au pied d'une falaise très haute à la paroi lisse, démuni et impuissant, avec une conscience aigüe de mon péché énorme. Oui cette notion de péché qui existe malheureusement si peu aujourd' hui dans les consciences humaines, reprenait  complètement sens. .Allait-on me répondre, me pardonner et me sortir de cet enfer ?, car c' était bien l' enfer que j' avais touché !

          J' ai bien entendu pensé immédiatement que j' allais devoir rencontrer un prêtre exorciste. Et il fallait aller vite. Mais je ne connaissais même pas les prêtres de la ville où j' habitais. Et en m' écoutant, les démons me dirent : "Il faudra que ton prêtre soit très fort pour nous chasser hors de toi". Je n'en doutais pas, car j' étais conscient de la puissance de l' entité démoniaque qui m' habitait, et du fait qu' ils avaient tout fait pour bien s' accrocher à moi ;  j' y avais coopéré d' ailleurs sans le savoir. Ils parlaient peu, mais me confirmèrent que Jésus était réssuscité et qu' il y avait quelqu' un  qui les avaient empêché de réussir leur œuvre et qu' on les avait trompé ( paroles énygmatiques pour moi à cet instant là ! ). Ils étaient en colère et semblaient se disputer, mais j' entendais surtout ce fond sonore assez puissant  de coups de "tambours", cela s' agitait  fortement en moi !

         Ce premier janvier, seul, j' ai essayé de me remémorer les prières apprises dans mon enfance; Je ne croyais pas pouvoir y arriver et pourtant au bout de deux heures environ, j' ai réussi à retrouver le "Notre Père" et le "Je vous salue Marie".

          ET LÀ LE MIRACLE A COMMENCÉ  !
          je fus stupéfait, car ces prières, lancées comme des fusées de détresse du fait de mon état désespéré, devinrent immédiatement eau vive dans ma bouche et dans mon cœur -une sensation très agréable. Je n' avais aucune peine à prier, bien au contraire. Ce que j' avais imaginé comme le pire devenait mystérieusement un délice, dès cette soirée du 1er janvier 1994. Et quand je priais, les démons se calmaient, c'était appréciable !

                                                                                                                              ( à suivre )


         

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